Le président Jovenel Moïse n’entend pas, n'écoute pas, déplore Bernard Craan

Quand on est chef d’entreprise ou président de la République, on doit avoir la capacité de faire appel à des experts, à des gens qui savent parce que personne n’a la science infuse. On doit aussi les entendre et les écouter et prendre des décisions, selon le coordonnateur du forum économique du secteur privé des affaires, affirmant  qu’il ne voit pas cette capacité chez le président Jovenel Moïse. « Je ne peux pas dire que le président Jovenel Moïse ne prend pas de décisions. Mais je ne suis pas sûr qu’il entend et écoute », estime Frantz Bernard Craan en participant vendredi à l’émission Dèyè Kay, animée par Roberson Alphonse sur Télé 20. 
Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti déplore la nouvelle attitude affichée par  l’ancien patron d’Agritrans et ancien président de la Chambre de Commerce du Nord-Ouest. « La personne que je connais devrait normalement écouter et entendre », témoigne celui qui avait connu Jovenel Moïse bien avant qu’il soit devenu président de la République.  Pour Bernard Craan, il est très important de prendre du recul pour effectuer une autoévaluation et regarder si ce qu’on fait est correct ou pas et si les conseils que vous donnent ceux qui sont autour de vous sont judicieux.  
La rareté de produits pétroliers que le pays est en train de vivre depuis un  certain temps constitue l’un des exemples traduisant l’incapacité du chef de l’État à écouter et entendre, selon Frantz Bernard Craan. « Depuis l’année dernière, nous avons rencontré le président et des gens autour de lui. Nous avions proposé des solutions », a-t-il révélé. Ils  avaient proposé aux autorités d’augmenter graduellement le prix des produits pétroliers afin d’éviter tout choc dans l’économie. Comme cela se fait en République dominicaine, cette augmentation graduelle aurait pu se faire à raison d’une ou de deux gourdes chaque semaine, explique-t-il tout en déplorant que ces propositions n’aient pas été prises en compte.
Frantz Bernard Craan a toujours été contre la décision d’accorder le monopole de l’importation des produits pétroliers au BMPAD.  Les raisons, explique le patron de la CCIH, le  Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement  n’était pas structuré à cet effet. « Il avait l’habitude du pétrole provenant uniquement du Venezuela dans le cadre du PetroCaribe. Importer, rechercher les meilleurs prix, trouver les fonds nécessaires pour payer les commandes est une autre chose, il faut qu’on soit habitué pour le faire »,  fait remarquer Frantz Bernard Craan.
L’homme d’affaires a quand même salué « certaines actions positives » du chef de l’État haïtien. « Il a réussi à avoir une relation extrêmement productive avec les États-Unis d’Amérique », dit-il tout en faisant remarquer que cette relation productive avec les États-Unis pourrait influencer le comportement des institutions internationales en faveur d’Haïti.
Dans le sillage du rapprochement entre le gouvernement haïtien et l’administration américaine, le Fonds monétaire international (FMI) avait annoncé qu’il accorderait à Haïti un prêt concessionnel de 229 millions de dollars sur trois ans à 0 % d’intérêt et avait, dans le communiqué annonçant la nouvelle, encouragé les agences multilatérales et les pays à supporter Haïti.

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