Un rapport américain indique qu'au moins 26 personnes ont été tuées lors du massacre d'un gang de bidonvilles en Haïti en 2018

PORT-AU-PRINCE - Un rapport américain a révélé qu'au moins 26 personnes ont été tuées lors d'un massacre commis en 2018 dans un bidonville d'Haïti, auquel plusieurs membres de la police et un représentant du gouvernement seraient présents.

En deux jours, cinq gangs armés ont lancé des attaques prévues contre des habitants de La Saline, dans la capitale, Port-au-Prince, selon le rapport publié vendredi.

La plus jeune victime de la violence n'avait que 10 mois et la plus âgée de 72 ans, selon le document. Il a précisé que deux viols collectifs avaient eu lieu et que 12 personnes étaient toujours portées disparues.

Quelque 5 000 personnes vivent dans cette zone pauvre sous la menace de violences fréquentes, alors que les gangs luttent pour contrôler l'un des plus grands marchés de la ville.

«Les témoignages enregistrés suggèrent que le nombre de victimes des attaques des 13 et 14 novembre 2018 pourrait être plus élevé», indique le rapport de la Mission des Nations Unies en Haïti et du Haut-commissariat aux droits de l'homme.

Les organisations de défense des droits de l'homme dans le pays ont fait 71 morts et onze viols collectifs.

Selon le reportage, les victimes et leurs proches auraient identifié la présence du responsable local Richard Duplan et de trois policiers à La Saline lors des violences.

Des témoins ont déclaré que, tandis que les gangs armés avaient tué et commis des viols collectifs dans l'après-midi du 13 novembre, Duplan s'était rendu sur les lieux et avait dit aux assaillants qu'ils "avaient tué trop de gens, ce n'était pas votre mission".

Le rapport indique également que les victimes ont identifié au moins deux policiers, qui avaient déjà fait l'objet d'une enquête par l'inspecteur général, parmi les agresseurs.

L’ONU a critiqué l’inaction de la police pendant les violences, qui ont duré plus de 14 heures, ajoutant que les policiers du commissariat de La Saline pouvaient entendre les cris des habitants des environs.

Les échecs de la police ont donné aux membres des gangs le temps de disposer des preuves, les corps «mutilés, brûlés et laissés dans une décharge publique à la merci d'animaux», selon le rapport.

Il a appelé les autorités haïtiennes à enquêter sur les violences et la prétendue complicité de la police et des représentants de l'État.

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