Pauvre Moïse Jean-Charles

Le leader de Pitit Dessalines, Moïse Jean-Charles, est entré dans un jeu à double tranchant. Le pauvre ! Il croit que la dialectique est seule capable de le propulser au pouvoir. Il a devant lui, parmi d'autres exemples, Jean-Luc Mélenchon. Comment peut-il prétendre cracher sur la droite, en n'ayant réellement aucun soutien de poids de la gauche haïtienne  (s'il y en a une), voire d'une classe de politiciens qui se cherchent dans une idéologie (sans nom) sans perdre le cap de l'argent et du pouvoir à tout prix ?
Sa visite, cette semaine, au Vénézuéla, après quelques autres bavures dont la plus récente, sa prétendue rencontre avec un politicien russe, affaiblit ses chances de devenir président, loin de le conforter à une position politique sereine. Elle ne fait que compliquer son essor et sa représentation politique sur Haïti, lorsqu'encore plus, les membres de l'opposition haïtienne ont essayé à plusieurs reprises, et continuent encore, de le mettre à l'écart, hors d'état de nuire. Non parce qu'ils ne l'aiment pas, mais parce qu'ils savent tous qu'il ne représente aucun poids politique aux yeux de Washington et des politiques occidentales.

Le pauvre Moïse Jean-Charles! Il est arrivé au Vénézuéla et n'a trouvé pour formule, et pour plaire à Maduro, de cracher sur Washington, les intérêts américains et la droite. Il oublié aussi que l'argent qui lui a été donné par la gauche vénézuélienne pour financer les manifestations antigouvernementales en Haïti ne représente rien devant la haine et l'hypocrisie contre lui des leaders de l'opposition.

Moïse Jean-Charles aurait mieux fait de s'accorder un peu de temps pour soigner son image auprès de l'opposition politique haïtienne dirigée plus que jamais par des sbires antidémocratiques et un secteur privé plus vorace que jamais.

Et à chaque fois que l'occasion se présente, l'histoire en dit long aussi, cette opposition dont il émane, ne cesse de lui rappeler que les peuples n'ont pas d'amis, mais des intérêts. La République dominicaine en est un exemple précis. Comme Haïti, et même plus encore, l'aide du Vénézuéla, à travers le fonds Petrocaribe, a été importante. Mais Santo Domingo n'a pas hésité à voter, elle aussi, contre Caracas. Il faut donc que les gouvernements définissent leurs priorités en fonction de leur réalité politico-économique et des besoins de leur population. Le Vénézuéla a aussi envers Haïti une dette. Réciproquement (sur certains points).

Pauvre Moïse Jean-Charles! Tu dois arrêter de jouer au jeu aveugle d'une certaine classe politique d'un autre pays, il faut jouer à celui de ta classe politique, de ton pays, qui croit bon de lutter pour le bien-être de sa population, pas pour satisfaire à la libido d'une certaine idéologie à laquelle seules les nations économiquement souveraines peuvent s'adhérer.

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